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Philosophy
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Nous allons essayer ici de définir la position de Hellea quand à l'open source...

Ce n'est pas une chose aisée alors que les aspects philosophiques, éthiques, économiques et politiques sont intimement liés.

En guise de préliminaire, nous dirons que l'informatique -science du traitement de l'information- pratique est un _outil_ et rien de plus. Ce n'est pas une fin en soi, même si c'est un choix de carrière technique.

Un outil, c'est-à-dire à mettre sur le même pied qu'un tournevis...

Or quel usager d'un service ce préoccupe de la provenance du tournevis qu'utilise le technicien auquel il fait appel ?

Les informaticiens sont des techniciens prestataires de services. A eux les tournevis, aux utilisateurs les applications.

Pour l'usager, un service a un prix déterminé par le niveau de qualité souhaité. De gratuit sans garanties à... "the sky is the limit!"

Nous estimons que l'usager d'un service, quoiqu'indirectement concerné, a un droit de regard sur les outils utilisés et sur leur adéquation à leurs tâches dédiées. S'il en a les compétences (RTFM) !

Nous estimons devoir laisser à tout un chacun le droit à l'autodétermination locale des moyens à mettre en oeuvre pour n'importe quel objectif individuel et personnel. Quoique nous reconnaissions la nécessité de respecter les règles du jeu auquel on décide de participer de son plein gré. C'est-à-dire que nous établissons une différence objective entre une usage privé et personnel d'un outil et l'usage en tant qu'acteur d'un 'jeu' social ou économique. Les règles d'un des mondes ne sont tout simplement pas d'application dans l'autre.

Or pour la plupart des individus, la frontière entre ces deux mondes est floue et dépend principalement de leur intérêt personnel ponctuel...

Cela n'est point notre propos! Il convient d'assumer ses choix...

Notre point de vue est biaisé par notre position de prestataire de services, pourvoyeur de solutions, qui utilise l'outil informatique parmi une panoplie d'autres. L'informatique ne peut être une fin dans ce cas (ce n'est pas toujours le point de vue de certains de nos collaborateurs ;-)).

Notre modèle économique fait la part belle aux artisans. Dans notre monde de haute technologie et de NTIC, les informaticiens peuvent être les nouveaux artisans. Ceux-ci offrent des services personnalisés sur base d'un substrat d'outils et d'expérience partagés entre pairs. Oui, c'est libre! Oui, c'est gratuit! Servez-vous... Servez et vous serez servis!

L'outil est gratuit per se. Son usage peut l'être. Son déploiement correct nécessite un certain nombre de compétences (ce serait FUD [*] que de prétendre le contraire). Ces compétences doivent êtres soit acquises (RTFM), soit louées (louanges et/ou locations)!

[*] Fear, Uncertity and Doubt. Technique marketing tristement célèbre pour être associée à certains opérateurs de haute-technologie abusant ainsi de leurs positions dominantes.

La reproductibilité de nos solutions est un facteur important dans le choix des outils pour nous. En effet, nous travaillons principalement dans le domaine de la recherche scientifique et dans le monde associatif. Dans ces deux référentiels, la reproductibilité sans entraves est un "requirement". C'est- à-dire une condition _nécessaire_ d'acceptation. Dans le premier cas pour des motifs de crédibilité, dans l'autre pour des raisons des moyens financiers.

Sortir du carcan marketing du monde marchand permet de trouver des similitudes techniques fortes dans les moyens techniques à mettre en oeuvre pour apporter des solutions 'humaines' à des problèmes en apparence fort dissemblables.

Par exemple les techniques d'instrumentation destinées à être embarquées dans l'ISS utilisent une couche de transmission facilement adaptable à l'établissement de réseaux tcp/ip dans la savane africaine à coûts réduits...

Nous estimons par ailleurs qu'une idée est objet immatériel. Dès lors, il est structurellement impossible de lui 'coller' une identité matérielle permettant d'en contrôler l'usage. Elle évolue et se propage per se. Si le premier 'formuleur' fige une idée en la formalisant, il n'en est pas pour autant ni le géniteur, ni le propriétaire.

Dès lors, assimilant avec la plupart des membres du monde académique, les algorithmes aux idées (appliquées à la méthode de résolution de (classes de) problèmes), nous rejetons la validité des brevets logiciels (comme ce fût la position officielle européenne depuis le traité de Berlin de 1929 (je crois, à vérifier quant à la date)).

Cela n'implique pas l'interdiction des secrets de fabrication, que du contraire! Cela les remet à leur juste place. L'innovation ne profite à son inventeur que le temps qu'il faut à ses compétiteurs pour découvrir son secret de fabrication. Si celui-là est vraiment en avance sur son temps et pas seulement un opportuniste profitant du système d'enregistrement, il parviendra aisément à protéger son 'invention' ou devra/voudra la partager avec le genre humain pour autant qu'on le réfère en lui en attribuant la paternité (qui est dès lors remise dans une perspective plus juste).

L'accès aux sources d'un logiciel permet au technicien compétent d'adapter celui-ci aux besoins précis et individuels de l'usager, de vérifier l'adéquation des solutions 'standards' aux besoins réels, etc.

La plupart des projets 'open-source' sont nés du besoin d'utilsateurs 'avancés' d'apporter une solution concrète et adaptée à un 'chatouillis' (the project was born because I had to hitch myself...). Dès lors, ils conviennent très bien à une classe de problèmes concrets et/ou sont facilement adaptables à des besoins propres.

Ils permettent en outre de partager ce besoin de solutions avec d'autres artisans et utilisateurs dits avancés.

Le monde de l'informatique se spécialise. De nouveaux rôles apparaissent et se différencient. De l'informaticien -homme à tout faire- généraliste, on arrive à un administrateur système en charge de la couche OS sur les stations de travail, un administrateur réseau en charge de la couche réseau, des serveurs et routeurs, un webmaster, un postmaster, un web designer, un web developper, un developper, un User Interface designer, un helpdesk windows, un DBmaster, un architecte et plus surprenant, un courtier en solutions.

Dans ce cadre, la "gratuité" d'un logiciel est toute relative en termes de ressources humaines. Donc, le prix des licences est un critère de choix secondaire dès que les hommes ne sont plus gratuits. Par contre, cette même gratuité des licences est un critère primordial dans le monde non marchand.

Lorsque la compétence est acquise, la qualité technique (stabilité, adaptabilité, portabilité, maintenabilité, transparence, performances) prime lors du choix de solutions.

Notre expérience professionnelle nous confirme nos choix philosophiques. A savoir que notre premier serveur *nix (libre) tourne dans un environnement où il cotoie un serveur WindowsNT4 et un serveur MacintoshG3. Il a affiché un 'uptime' de plus de 290 jours avant de succomber à une défaillance hardware. 12 heures d'interruption de service après la notificaton de la panne et une nouvelle machine était en production reprenant le dernier backup à l'identique. Les deux autres machines nécessitent des interventions sur site de leurs services de maintenances respectifs pluritrimestrielles (une vraie vache à lait pour eux).

Ce dernier exemple est extrême: trois machines, trois OS, trois sous-traitants. Mais seul nous, osons, ou nécessitons, un contrat forfaitaire garantissant une qualité de service par opposition à des abonnements à interventions facturées... Notre relation est cordiale avec l'un des autres sous-traitant et tendue avec l'autre. Rien de technique là-dessous. Le premier admet que nous mettions son business model en cause mais ne voulions pas être un don Quichotte du marché informatique. Les usagers payent leur incompétence et surtout leur mauvaise volonté à apprendre... L'autre 'partenaire' souffre de FUD [*]. Il vend du vent. Nous avons été appelé en consultance d'urgence par une organisation similaire à celle dont mention ici. Sans avoir eu connaissance au préalable des symptômes rencontrés par ces gens, ni accès physique aux machines, nous avons identifié l'intervenant causant problème à l'incompétence exprimée par ce dernier lors des explications fournies au client face à ses interrogations... La technique n'est donc vraiment pas tout!

Notre approche académique des choses nous pousse à publier nos résultats sous une licence compatible avec le mode de publication en usage dans ce référentiel. En matière informatique la licence *BSD semble la plus adaptée. Mais si d'aucun veut utiliser nos travaux dans le cadre plus restrictif de la GPL, nous ne nous y opposons pas pour autant que la référence à Hellea soit conservée et que notre branche de développement ne soit pas altérée par l'opération.

Notre volonté d'ouverture aux autres nous pousse à restreindre nos formats de données à des formats standardisés par des organismes internationaux neutres non liés à un prestataire particulier. Nous ne croyons pas au 'standard de fait'. Ou en tous cas le combattons comme une entrave à la liberté individuelle imposée (ou laissée pour telle) par un groupement anonyme fût-il une entreprise commerciale.

Notre nature méfiante, renforcée par le dernier scandale "échelon", nous pousse à exiger l'ouverture et la transparence quand aux logiciels (outils véhiculant et traitant l'information) et à exiger le droit au cryptage à notre sauce.

Liberté d'appropriation, reproductibilité, transparence, stabilité, adéquation aux besoins, maintenabilité nous ont convaincu de n'utiliser que certains outils satisfaisant nos besoins. Il appert qu'ils sont tous couverts par la licence *BSD ou GPL. Et que notre production logicielle ne peut s'accomoder que de l'une ou de l'autre licence.

Ir Jean-Charles de Longueville,
Fondateur de Hellea,
Bruxelles,
Octobre 1998.


 
 
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